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Après l’exposition récente au musée Maillol de Foujita, ce dernier vous donne rendez-vous à la Maison de la culture du Japon du 8 au 27 janvier 2019 où le film de 2015 portant son nom sera également projeté.

Foujita nous étonne par ses multiples facettes: à la fois peintre, dessinateur, graveur, illustrateur, céramiste, photographe, cinéaste et même styliste !

Après son enfance passée au Japon et son diplôme aux Beaux-Arts de Tokyo au début du siècle dernier, il rêve de Paris. Dans le quartier de Montparnasse, il finit par s’établir et y rencontre rapidement d’illustres peintres de l’époque dont il s’inspire. Avant-gardiste, il fait partie des grandes figures de l’art moderne et devient l’une des stars de l’Ecole de Paris bien avant la Première Guerre mondiale. Ses amis comptent notamment Modigliani, David, Derain, de Vlaminck, Léger, Matisse…

Il fait un petit séjour à Londres avant de s’installer à la cité Falguière près de Soutine et de Modigliani. Sa première exposition d’aquarelles dans un genre japonais et gothique est chérie par Picasso et est couronnée d’un triomphe en 1917. Il s’inspire de modèles et peint le fameux Nu couché de la toile de Jouy représentant une odalisque nue alanguie. Il voyage également en Italie.

Sa technique ressemble à la peinture sur ivoire avec l’utilisation du cerné noir au pinceau fin et des couleurs finement poudrées en transparence. Sa peinture est proche du dessin. Il réalise des groupes de nus dans les années 30. Ses œuvres se colorent peu à peu, deviennent plus linéaires. Les formes de ses modèles féminins outrancières l’éloignent du raffinement de ses œuvres antérieures dont la ligne des personnages est épurée, délicate. L’aspect de ses tableaux est quasi émaillé. Il s’adonne à la figuration, à l’art du volume avec des jeux d’ombres ainsi qu’au glacis de peinture à l’huile. Il adopte également une souplesse de ligne et retient l’art de l’estampe.

Ces techniques empruntées à l’Occident et à l’Orient donnent un caractère inédit à ses œuvres. Les corps de certains personnages sur ses tableaux sont inspirés de la sculpture grecque et de la Renaissance italienne ou encore de la sculpture de Rodin. Le blanc est utilisé pour donner un effet de transparence ainsi que le talc.

Il rencontre également un vif succès lors de son installation sur la Côte d’Azur où il peint avec deux amis et rencontre Renoir. Il côtoie tous les Salons de peinture de Paris ainsi que ceux de Bruxelles, d’Allemagne, des Etats-Unis et du Japon. La presse internationale s’empare ainsi de sa gloire. Avec sa nouvelle muse et égérie de Montparnasse, ils sont de tous les bals et sont les stars des Années folles.

Son style original et nouveau se situe à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident. On peut parler de second Japonisme. Les plus grandes collections comptent ses tableaux.

Il séjourne deux ans en Amérique latine avec un modèle et se rend également à Tokyo et en Chine. Il y réalise des tableaux de propagande avec une vision héroïque idéalisée pendant la période de la guerre au Japon conformément aux contraintes du gouvernement. Un environnement idéalisé ressort ensuite de ses tableaux. Il se consacre aussi à la peinture religieuse. Il s’envole en 1949 pour New York où il expose des chefs-d’œuvre avant de revenir à Paris qui le couvre à nouveau de succès. Ses principaux marchands lui organisent des expositions en Algérie, au Maroc et en Espagne.

C’est dans la vallée de la Chevreuse qu’il achète en 1960 une petite maison pour une retraite mystique et artistique. Il rend son dernier souffle à Zurich en 1968.

 

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