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Jusqu’au 31 mars prochain au Petit Palais, une exposition retrace le parcours de Jean-Jacques Lequeu, un génie mystérieux et méconnu n’ayant obtenu la gloire qu’à titre posthume. Peu avant sa mort, il dépose à la Bibliothèque nationale l’une des œuvres graphiques les plus singulières et les plus fascinantes de son temps qui est composée de plusieurs centaines de dessins. Cette exposition nous invite à découvrir les différentes facettes de ce dessinateur, de son univers fantasmagorique au temps des Lumières et de la Révolution. Les amateurs d’architecture utopique seront ravis.

Sans sortir de son atelier, Jean-Jacques Lequeu entreprend un voyage initiatique en s’inspirant de figures et de récits tirés de sa bibliothèque.

Il produit des dessins allant de temples en buissons, de grottes factices en palais, de kiosques en souterrains labyrinthiques. Il s’agit donc de bâtiments fantasques, de projets d’architecture non aboutis dont des édifices peuplent des paysages imaginaires et où Il se libère de contraintes techniques. Certains jardins sont d’inspiration anglo-chinoise. Ses monuments sont pour le moins singuliers et étonnants au dix-huitième siècle.

C’est ainsi en partant à la quête de lui-même que ses dessins semblent tout droit sortis de son inconscients. Les surréalistes y furent d’ailleurs très attentifs.

Dans ses dessins se fait jour toute la liberté de son trait, sa poésie brute. On peut tout y voir et tout y décrire, avec systématisme, de l’animal à l’organique, du fantasme et du sexe cru à l’autoportrait. Certains de ceux-ci sont érotiques, délirants, idéalisés et nourris par le libertinage. D’autres dessins expriment des émotions. Ils sont extrêmement beaux et détaillés. La perfection graphique y est inouïe tant la géométrie est respectée avec une symétrie de rigueur. Un lien est établi entre l’architecture et le corps dans une profonde ambiguïté. Enfin, Il use d’humour et de fantaisie.

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